Comment détecter les symptômes de la grippe aviaire ?

Publié le : 02 décembre 20206 mins de lecture

L’hôte naturel des virus de la grippe A est le gibier d’eau sauvage, où ils ne provoquent généralement que des infections sans symptômes. Les virus peuvent se propager aux volailles domestiques et provoquer des formes légères de la maladie, qui se manifestent principalement par une perte de performance chez les volailles élevées de manière intensive (virus de l’influenza aviaire faiblement pathogène). Cependant, les virus des sous-types H5 et H7 en particulier peuvent muter en variantes hautement pathogènes chez les oiseaux de basse-cour tels que le poulet, la dinde, le faisan et autres. Ces virus hautement pathogènes de l’influenza aviaire sont les agents responsables de l’influenza aviaire classique, une infection aiguë et très contagieuse qui entraîne des taux de mortalité élevés chez les volailles et qui est donc soumise à des contrôles de santé animale dans le monde entier. Les oiseaux touchés par la maladie développent de la fièvre, des difficultés respiratoires et des diarrhées. Au bout de quelques jours, presque tous les animaux d’une population tombent soudainement malades. Elles cessent de pondre des œufs et peuvent mourir en quelques heures ou quelques jours. Les oiseaux sauvages, les oiseaux aquatiques et les pigeons sont moins fréquemment touchés. Malgré les efforts considérables déployés par les pays concernés, de grandes parties de l’Asie du Sud-Est et de l’Égypte sont constamment touchées par des infections endémiques par des virus de la grippe aviaire du sous-type hautement pathogène A(H5N1) depuis 2003 environ. Des introductions de ce virus dans les populations d’oiseaux sauvages ainsi que des foyers isolés dans des élevages de volailles domestiques ont également été détectés en Europe et en Allemagne depuis 2003.

Infections chez l’homme

Les infections humaines virologiquement prouvées par des virus de la grippe aviaire totalisent plus de 1 500 cas documentés depuis 1959. La majorité de ces cas datent d’après 2003 et sont dus soit à des infections par des virus H5N1 principalement en Asie du Sud-Est et en Égypte, soit par des virus H7N9 principalement en Chine. D’autres sous-types de virus de la grippe aviaire n’ont jusqu’à présent entraîné une maladie humaine que dans quelques cas isolés. Aucun cas de grippe aviaire chez l’homme n’a été signalé en Allemagne à ce jour.

Les symptômes grippe aviaire ne sont pas encore bien adaptés à l’homme. La transmission peut se faire par contact étroit avec des volailles infectées, malades ou mortes ou dans un environnement contaminé par des excréments de volailles. La consommation de produits de volaille suffisamment chauffés ou cuits n’est pas une source d’infection. La transmission probable d’homme à homme n’a été signalée que dans quelques cas isolés. La période d’incubation est de 1 à 5 jours. Le premier symptôme est généralement de la fièvre, accompagnée ou suivie d’une toux et d’un essoufflement. Des symptômes gastro-intestinaux tels que nausées, vomissements et surtout diarrhées peuvent également survenir. Les maladies humaines dues aux virus de la grippe aviaire s’accompagnent généralement d’une atteinte des voies respiratoires inférieures, car il y a apparemment plus de récepteurs pour fixer ces virus aux cellules épithéliales des voies respiratoires inférieures de l’homme. Parmi ces cas, le taux de mortalité est très élevé, de 20 à 60%, selon le sous-type du virus aviaire et la souche régionale.

Le meilleur moyen de diagnostic est la détection du virus par PCR avec typage ultérieur afin de connaître les symptômes grippe aviaire. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un traitement avec des inhibiteurs de la neuraminidase (voir grippe saisonnière), car des études d’observation ont montré une réduction du taux de mortalité. Comme pour la grippe saisonnière, le traitement doit être entamé le plus tôt possible après l’apparition de la maladie, idéalement dans les 48 premières heures. Les vaccins contre la grippe A (H5N1) sont approuvés en Allemagne et peuvent être utilisés, par exemple, pour le personnel professionnellement exposé dans des laboratoires spéciaux ou des instituts de recherche ou si des épidémies surviennent.

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La crainte d’une nouvelle pandémie

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) suit de très près l’évolution de la grippe aviaire. Si les virus aviaires franchissent les frontières entre les espèces et se croisent avec les virus de la grippe humaine, c’est-à-dire s’ils échangent du matériel génétique, de nouveaux virus très dangereux avec un potentiel pandémique peuvent apparaître. On peut donc craindre qu’un jour une pandémie majeure de grippe n’éclate à nouveau. En fait, au cours des 500 dernières années, il y a eu environ 70 pandémies de grippe avec plusieurs millions de décès. Il est donc probable, et ce n’est probablement qu’une question de temps, que des pandémies de grippe aussi graves se poursuivront à l’avenir, dont les conséquences ne peuvent être complètement absorbées, même par la médecine moderne. L’Institut Robert Koch de Berlin prévoit qu’une nouvelle pandémie pourrait causer jusqu’à 90 000 décès en 4 à 6 semaines rien qu’en Allemagne, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit 2 à 7 millions de décès dans le monde. Une telle pandémie se déclencherait probablement en deux vagues. Toutefois, la production immédiate d’un vaccin approprié contre le sous-type d’agent pathogène avéré prendrait un certain temps, de sorte que la lutte immédiate contre la grippe dépendrait principalement des médicaments antiviraux (par exemple les inhibiteurs de la neuraminidase). Les préparatifs et les mesures sont définis dans les plans nationaux et internationaux de lutte contre la pandémie en Allemagne, dans de nombreux autres pays et par l’OMS.

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