Que savez-vous du virus Zika en Amérique ?

L’arrivée du virus zika dans les Amériques a été identifiée, après des décennies confinées aux forêts de l’Ouganda, en Afrique. La pandémie explosive du virus zika en Amérique du Sud, en Amérique centrale et dans les Caraïbes est l’une des quatre maladies virales transmises par des arthropodes à arriver inopinément dans l’hémisphère occidental. Ainsi commence la revue publiée par “The New England Journal of Medicine” sur la maladie à l’origine de la tragédie des microcéphalies.

Zika virus : évolution de l’épidémie sur le continent américain.

Les premiers cas de maladie liés au Zika virus ont été répertoriés au Brésil, marquant ainsi le début de la plus importante épidémie dans le monde connue à ce jour. 18 états du pays seraient infectés, ce qui représente entre 440000 et 1300000 cas suspects rapportés. Dans les territoires français d’Amérique, les premiers cas d’infection ont été confirmés en Guyane : Cayenne et Ouest Guyanais et Martinique, laissant penser qu’une diffusion rapide du Zika virus risque de se produire dans les îles des Caraïbes.

Le virus Zika dans le monde

Depuis son apparition en Ouganda, la présence du Zika virus a donné lieu à des épidémies en Micronésie en 2007 puis en Polynésie Française, ainsi qu’en Nouvelle Calédonie et dans d’autres îles du Pacifique : Fidji, Samoa, Salomon et Vanuatu. D’autres épidémies ont été répertoriées au Cap Vert et au large de l’Afrique.

Pays ayant connu ou connaissant des épidémies de Zika

 Le Zika est une maladie virale transmise par les moustiques. Lorsqu’il pique une personne déjà infectée, un moustique se contamine, le virus se multipliant dans son corps. Lorsqu’il pique une nouvelle personne il transmet alors le virus et ainsi de suite. Pour stopper le cycle de transmission viral, il faut donc empêcher qu’une personne infectée ne se fasse piquer.

La maladie

Après une incubation de 3 à 10 jours, les manifestations cliniques sont proches de celles de la Dengue associant à une fièvre modérée, des céphalées, des arthralgies et myalgies, des œdèmes des extrémités, parfois une éruption d’évolution descendante du visage aux membres, souvent prurigineuse. Des troubles digestifs ou des ictères sont parfois décrits. Ce syndrome est généralement bénin et guérit spontanément en moins d’une semaine. En Polynésie française et au Brésil cependant, des formes sévères à type de manifestations neurologiques graves, essentiellement des syndromes de Guillain-Barré et des complications auto-auto-immunes ont été décrites. Par ailleurs, des microcéphalies et des anomalies du développement cérébral intra-utérin ont également été observées chez des fœtus et des nouveaux nés de mères enceintes pendant la période épidémique, des travaux de recherche sont actuellement conduits dans ces pays pour mieux décrire et comprendre ces complications. Il n’existe ni traitement spécifique, ni vaccination contre le Zika virus. En effet, en l’état actuel des recherches, le traitement est uniquement symptomatique, paracétamol pour la fièvre et repos. Les médicaments à base d’aspirine sont à proscrire, le Zika virus provoquant une fièvre hémorragique.

Conseils aux voyageurs  

La protection contre cette maladie consiste en l’application des mesures anti vectorielles. En cas d’apparition de symptômes comme de la fièvre, une éruption cutanée accompagnée d’une forte fatigue, à la suite d’un voyage dans un pays touché par ce virus il est indispensable de contacter un médecin.

Microcéphalie : information aux femmes enceintes

La première des quatre épidémies citées est la dengue, qui est enracinée dans l’hémisphère depuis des décennies, pour attaquer plus vigoureusement. Le second, le virus du Nil occidental, est apparu dans ces régions, le chikungunya et le zika. Le virus zika a été découvert par hasard lors d’une étude sentinelle sur les moustiques et les primates dans la forêt du même nom en Ouganda. Elle est restée pendant des décennies, confinée aux régions équatoriales d’Afrique et d’Asie, infectant des singes et des moustiques arboricoles et peu d’êtres humains. Il y a quelques années, des chercheurs africains ont remarqué que le schéma de propagation du zika chez les singes sauvages suivait celui du chikungunya, chez les mêmes animaux. Cette caractéristique s’est répétée dans les populations humaines. En plus de lutter contre la source du moustique, la population dispose de moyens qui ont déjà fait leurs preuves : répulsifs, moustiquaires aux fenêtres, climatisation pour ceux qui en ont le matériel et retardement des grossesses dans les régions dévastées par le virus. La dengue, le chikungunya et le zika sont principalement transmis par Aedes aegypti, comme ce fut le cas lors des épidémies dévastatrices de fièvre jaune dans le passé. Ces moustiques sont apparus dans des villages d’Afrique du Nord il y a des millénaires, en période de sécheresse, lorsque les habitants devaient stocker de l’eau. L’adaptation à la vie domestique a rendu possible la transmission à l’homme et s’est ensuite étendue aux Amériques et à l’Europe par le biais de la traite des esclaves.

Quels sont les symptômes de l’infection par le Zika ?

Les symptômes de l’infection par le zika sont invisibles ou similaires à ceux de la dengue : fièvre légère, douleurs musculaires et oculaires, prostration et rougeur de la peau. En plus de 60 ans d’observation, aucun cas de fièvre hémorragique ou de décès n’a été décrit. Il n’y aurait pas de gravité sans les 73 cas de problèmes moteurs liés au syndrome de Guillain-Barré, décrit à l’origine en Polynésie française, et l’épidémie microcéphalique rapidement identifiée au Pernambouc. Il n’y a toujours pas de tests de laboratoire de routine pour identifier les cas de zika. Lorsque les infections de dengue et de chikungunya circulent en même temps, le diagnostic différentiel gagne en importance, en particulier chez les femmes enceintes et dans l’identification précoce des cas de dengue hémorragique, qui sont responsables des décès associés à la maladie. Il n’existe pas de vaccin contre le zika, bien que certaines plateformes puissent être adaptées en peu de temps. Cependant, comme les cas se présentent de manière sporadique et imprévisible, la vaccination de populations entières peut s’avérer prohibitive en raison des coûts et de l’inutilité de vacciner des millions de personnes dans des régions épargnées par le virus. En plus de lutter contre la source du moustique, la population dispose de moyens qui ont déjà fait leurs preuves : répulsifs, moustiquaires aux fenêtres, climatisation pour ceux qui en ont le matériel et retardement des grossesses dans les régions dévastées par le virus.