Révolution freudienne : les principaux concepts

Freud a en quelque sorte ébranlé les fondements de la psychologie, fondant diverses écoles de pensée avec une racine commune qui est encore aujourd’hui la base de la psychothérapie. Freud était un véritable révolutionnaire en raison de sa conception de l’homme et de l’esprit humain. Dans cet article, nous n’avons pas pour but de souligner sa contribution à la psychologie moderne, mais d’analyser la révolution freudienne.

Dans ce qu’on peut considérer comme un révolutionnaire et pourquoi, à ce jour, il est toujours considéré comme l’une des figures de proue dans l’étude et la compréhension de l’histoire de la psychologie, mais aussi de l’esprit en général. Certains de ses postulats étaient pour la psychologie ce que les théories coperniciennes étaient pour la physique quand tout d’un coup le centre de l’univers était “déplacé”.

Si vous le souhaitez, rejoignez-nous dans ce voyage passionnant vers la révolution freudienne…

La révolution freudienne

La psychologie était une branche de la philosophie, jusqu’à ce que Sigmund Freud (1856-1939) invente la méthode de recherche que l’on nomme psychanalyse. La psychanalyse est un procédé d’investigation des processus psychiques, une théorie de la psyché, une méthode de traitement des désordres psychiques. Son édifice théorique repose sur un corps de doctrines : refoulement, inconscient, complexes, signification étiologique de la vie sexuelle, importance des expériences vécues dans l’enfance, interprétation des rêves… La psychanalyse consiste en l’examen de la partie inconsciente de la vie psychique, afin d’expliquer ce qui paraît inexplicable dans les conduites humaines. En tant que phénomène multidimensionnel, la guerre intéresse évidemment la psychologie; Gaston Bouthoul, fondateur de la polémologie en France, le soulignait. Que dit Freud, savant, sur la guerre? D’emblée, il place le conflit au centre de la psychologie humaine : conflit du ça et du surmoi, de la pulsion de vie (Eros) et de la pulsion de mort (Thanatos), du père et du fils. Il a pourtant peu écrit sur la guerre stricto sensu : conflit armé entre belligérants. Il a publié une centaine de textes : articles, contributions, livres. Une demi-douzaine, portant notamment sur la religion, intéressent la question de la guerre. Mais deux seulement lui sont explicitement et directement consacrés : « Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort », rédigé en 1915 (30 pages); « Pourquoi la guerre? », rédigé en 1933 (10 pages). La Première Guerre mondiale avait pourtant accru l’intérêt pour la psychanalyse d’un point de vue clinique : l’observation et la guérison des névrosés de guerre. La réflexion freudienne n’en est pas moins importante et étonnante. Nombre de travaux sur la guerre ont pour origine le pacifisme : « Tout pacifisme conséquent appelle un examen des racines de la guerre » (Alain). Est-ce le cas chez notre auteur? L’objectif de cet article est de démontrer, textes à l’appui, que Freud ne croyait pas au pacifisme, du moins pas au pacifisme juridique.

La découverte de l’inconscient est sans doute la plus révolutionnaire de Freud, mais peut-être aussi l’une des moins discutées. À l’époque de Freud, bien que la psychologie sociale ne se soit pas encore développée, on savait déjà que l’homme n’avait pas un contrôle total sur ses pensées et son comportement. On savait que des variables externes précises, telles que la quantité de lumière solaire, pouvaient affecter notre état d’esprit et que cette même lumière pouvait aussi nous aveugler et nous faire trébucher. Cependant, Freud est allé plus loin.

Avec la théorisation de l’inconscient, Freud a souligné l’existence dans notre esprit d’une partie à laquelle nous n’avons pas accès de manière consciente ou directe et qui, cependant, influence fortement nos émotions, nos sentiments et notre comportement. Une sorte de génie qui, tel un marionnettiste, déplace les fils de l’obscurité des ailes en ne montrant rien d’autre qu’une réflexion sur le scénario.

Une sorte de moi secret, ignoré par la conscience, qui peut parfois nous jouer des tours. Le soi-disant inconscient a le pouvoir de nous rendre tristes sans nous permettre d’en connaître la cause, d’intervenir sur nos rêves en nous envoyant des signaux ou de nous faire commettre des erreurs involontaires lorsque nous parlons.

Aujourd’hui, peu de gens nient l’existence de cette partie qui nous affecte et à laquelle notre conscience n’a pas accès. Il peut s’agir d’un souvenir d’enfance, mais aussi d’une estime de soi compromise ou d’un attachement malsain ou trop viscéral qui amène l’individu à “sauter” d’une relation à l’autre.

Interprétation de rêves:

Freud s’opposait surtout à la conception selon laquelle les rêves n’auraient aucune signification psychologique, comme si ceux-ci étaient des déchets psychiques, produits par des stimuli du cerveau. Aujourd’hui encore, cette vision fait encore l’objet de débats au sein de cercles neuroscientifiques (Kramer 2007).

Tout d’abord, Freud (1900) considère le rêve comme un acte psychique à part entière, porteur de sens. Ceci rend le rêve interprétable. Le rêve est une activité psychique organisée, à différencier de la vie éveillée, et obéissant à ses propres lois. Par là, Freud s’oppose non seulement à l’interprétation populaire du rêve (le déchiffrage des rêves à l’aide de codes symboliques en vue de prédire l’avenir), mais aussi aux scientifiques qui prétendent que les rêves ne sont que des productions désorganisées, générées par des stimuli internes. Pourtant, tout rêve n’est pas interprétable. Freud écrit que chaque rêve a au moins un endroit où il est impénétrable, une sorte de nombril qui le relierait à l’inconnu.

D’après Freud, le rêve montre des similitudes avec le mot d’esprit et peut être compris comme un symptôme névrotique. Le rêve trouve son origine dans l’inconscient. Nous devons prendre la signification de ‘l’inconscient’ dans un sens plus large que celui de l’adjectif auquel il se réfère, à savoir l’ensemble des contenus qui ne sont pas présents dans le champ actuel de la conscience (la signification descriptive de l’inconscient). L’inconscient dans sa signification ‘topique’ fait référence chez Freud à un système psychique comprenant les contenus refoulés où l’accès au système de ‘préconscient’-‘conscient’ est refusé suite à ce refoulement. Ce système inconscient fonctionne suivant ses propres lois qui sont à différencier de la pensée consciente (l’inconscient dynamique).

Freud appelle l’interprétation des rêves « la voie royale » vers la connaissance de l’inconscient.

Principe:

Freud introduit dans les sciences humaines une conception nouvelle de l’inconscient. Depuis longtemps, il avait été remarqué que certains phénomènes échappent à la conscience. Les philosophes Leibniz et Arthur Schopenhauer considèrent qu’il existe un arrière-plan à la conscience. Le poète allemand Novalis est le premier à se servir du mot « inconscient », dans la continuité des thèses post-romantiques de Karl Robert Eduard von Hartmann avec son ouvrage « Philosophie des Unbewussten » (Philosophie de l’inconscient) en 1869 mais surtout de Carl Gustav Carus (« Psyche », 1851), ce dernier se représentant un « inconscient absolu » et un « inconscient relatif ». La théorie de Freud est directement liée à leurs travaux. Freud doit aussi à la psychologie expérimentale, et notamment à l’approche de l’hystérie. Les phénomènes d’ivresse ou de transe donnent en effet des exemples d’abolition de la conscience. Or, l’inconscient qu’introduit Freud n’est pas simplement ce qui ne relève pas de la conscience, comme chez von Hartmann. Par « inconscient », il entend à la fois un certain nombre de données, d’informations, d’injonctions tenues hors de la conscience, mais il y englobe aussi l’ensemble des processus qui empêchent certaines données de parvenir à la conscience, et permettent aux autres d’y accéder, comme le refoulement, le principe de réalité, le principe de plaisir, la pulsion de mort. Ainsi, Freud considère l’inconscient comme l’origine de la plupart des phénomènes conscients eux-mêmes, et ce d’une manière nettement différenciée de ses prédécesseurs, car celui-ci évolue de manière dynamique.

Mouvement:

La première traduction d’un texte de Freud en France, Introduction à la psychanalyse, par Samuel Jankélévitch, est publiée en 1922. Le mouvement psychanalytique acquiert une clinique psychanalytique à Vienne, l’« Ambulatorium » (centre de soins ambulatoires), consacré au traitement des psychoses et dirigé par trois élèves de Freud, qui n’y participe que peu : Helene Deutsch, Paul Federn et Eduard Hitschmann. En 1923, Freud apprend qu’il est atteint d’un cancer de la mâchoire, qui le fait souffrir tout le restant de sa vie. La même année il choisit de se soumettre à une vasectomie afin, espérait-il, de mieux lutter contre son cancer. Il écrit Le Moi et le Ça à un moment où le mouvement psychanalytique atteint une réputation internationale, notamment en Angleterre et aux États-Unis. Il songe à constituer une édition complète de ses écrits, les « Gesammelten Schriften ».

Gallimard:

“De l’art à la mort”. Itinéraire psychanalytique

Première parution en 1977

Collection, Gallimard -Parution : 24-11-1983
L’artiste, qui crée dans un moment de saisissement, mis pour ainsi dire hors de lui, le psychanalyste, qui se trouve un instant «saisi» par l’inconscient de son patient, l’être aimant, qui se laisse happer par le mourant, ne sont que des exemples extrêmes de la précarité des limites en quoi l’auteur discerne non pas une disposition nécessairement pathologique, ou un accident purement négatif, mais bien la chance de l’être dans ses efforts pour se construire lui-même et atteindre sa vérité.
Expérience et reconnaissance de l’inconscient : nous sommes ici dans le droit fil de la pensée freudienne la plus irrécusable, celle de l’inquiétante étrangeté.

Lacan:

Au coeur de cette exaltation, qui suit les événements de mai 1968, Lacan ne cache ni sa rage de voir ses alliés s’enfuir ainsi vers un horizon répétitif, ni sa fascination pour une Chine ancestrale qui a su réveiller, mieux que lui, les fantasmes d’une jeunesse révoltée. Aussi décide-t-il de leur montrer que la révolution freudienne, celle que l’on opère sur soi et dans un défi solitaire à Dieu, est préférable aux croisades insurrectionnelles qui ne font, à ses yeux, que reconstruire des idoles.

Cocaïne:

Freud, à la suite de la lecture d’un texte qui propose de traiter la morphinomanie par la cocaïne, traite son ami et collègue au Laboratoire de Physiologie Ernst Fleischl von Marxow : celui-ci était devenu morphinomane après avoir eu recours à la morphine pour calmer la douleur insupportable occasionnée par une blessure à la main qui s’était infectée et du névrome qui s’y était développé. Freud, qui avait découvert la cocaïne en 1884, tenta de guérir son ami de sa morphinomanie en lui conseillant de prendre de la cocaïne, mais Fleischl « sombra dans une cocaïnomanie pire que sa morphinomanie antérieure ». Il mourut en 1891 très détérioré physiquement et mentalement. L’administration locale de la cocaïne était une méthode à laquelle recourait Fliess pour soigner les affections nasales. Didier Anzieu note le sentiment de culpabilité de Freud lié à la personne de Fleischl, dont « le nom assone avec celui de Wilhelm Fliess » et qui reviendra dans plusieurs rêves de L’Interprétation du rêve comme « L’injection faite à Irma », la « Monographie botanique », le rêve « Non vixit »

Guerre:

Si la guerre a pour noyau le combat collectif, c’est-à-dire l’intention de tuer et l’acceptation du risque d’être tué, elle dépend de l’agressivité et de l’esprit de sacrifice. Si la capacité de tuer et la capacité de se dévouer expliquent la propension à la guerre, la réflexion sur la guerre commence par l’interrogation suivante : d’où viennent l’agressivité et l’esprit de sacrifice? De la nature ou de la culture? De l’inné ou de l’acquis?

L’origine de la violence est-elle biologique ou sociologique? La première difficulté est d’intégrer l’apport des sciences naturelles dans la recherche en sciences sociales, alors que les deux univers sont cloisonnés. La division entre sciences de l’homme et sciences de la nature explique l’écart entre l’étude du comportement humain et celle du comportement animal, entre l’étude du comportement appris et celle du comportement inné. Cet écart s’explique aussi par des postulats religieux, moraux ou idéologiques, selon lesquels l’homo n’est ni un animal ni le produit d’une évolution génétique.

Freud, décloisonnant les disciplines, s’intéresse à l’origine psychologique de la violence, cependant qu’il souligne la continuité des phénomènes normaux et des phénomènes pathologiques. De nombreuses espèces ont une inhibition biologique à tuer d’autres individus appartenant à la même espèce. On ne la trouve pas chez l’homme : l’homicide est interdit à l’intérieur du groupe, il ne l’est pas à l’extérieur, du moins en temps de guerre, la hiérarchie politique empêchant les membres du groupe de se battre entre eux mais pas avec des individus d’autres groupes.

Au cours de l’évolution de l’humanité, les mécanismes biologiques inhibiteurs de la violence intra-spécifique ont été remplacés par des mécanismes sociologiques, exprimés par les langages normatifs que sont la religion, la morale, le droit : « tu ne nuiras pas à autrui », du moins en temps de paix et à l’intérieur du groupe. Il y a un rapport entre l’efficacité des armes d’une espèce et les inhibitions qui empêchent l’emploi intra-spécifique de ces armes : à l’invention de l’arme, chez l’humain, a répondu l’invention de la responsabilité morale.

L’agressivité est définie comme la propension innée à l’exercice de la violence contre un individu de la même espèce dans le dessein de lui nuire : ce que l’éthologie appelle « l’instinct de combat », la psychanalyse, la « pulsion de mort ».

À l’origine des sociétés, il y a donc, sinon la guerre, en tout cas le meurtre, une violence collective meurtrière intraspécifique, ayant laissé sa trace mnésique. Voilà la thèse fondamentale de Freud, exposée dans Totem et tabou, répétée dans des ouvrages ultérieurs, notamment Moïse. Le sentiment de culpabilité, qui s’est condensé dans l’hypothèse chrétienne du péché originel, est l’expression d’un crime de sang dont s’est chargée l’humanité.

Querelle:

Les principales querelles aboutissent, au cours du développement du mouvement psychanalytique, à des scissions majeures, d’abord celle d’Alfred Adler (qui fonde ensuite la psychologie individuelle), puis celle de Carl Gustav Jung, initiateur de la psychologie analytique. Les points théoriques de désaccord sont nombreux, liés à la libido, au complexe d’Œdipe ou encore à l’importance de la sexualité dans le psychisme. Ces controverses se situent dès les années 1907 et 1911. Nommés les « apostats » par Freud, Adler, le premier, puis Jung ensuite, s’opposent à la conception de la libido comme essentiellement d’origine sexuelle et qu’ils voient plutôt comme une « pulsion de vie » au sens large. Freud craint par-dessus tout que les dissidents ne détournent la théorie et la pratique psychanalytique. Paul-Laurent Assoun souligne en effet que tous deux disent vouloir remettre la psychanalyse dans la bonne direction, et la sauver du culte de la personnalité formé autour de Freud. La concurrence entre les diverses écoles, principalement entre le cercle viennois et l’école de Zurich de Jung, porte le coup le plus rude au jeune mouvement psychanalytique, et ce dès 1913, avec la défection de Jung. Les autres divergences internes se rapportent par exemple à la précocité du Surmoi telle que la décrit Melanie Klein ou Donald Winnicott, avec qui, en s’émancipant de l’héritage freudien tout en intégrant ses apports, commence le post-freudisme. L’opposition avec Wilhelm Reich porte elle essentiellement sur des différences foncières concernant la pratique de la cure psychanalytique, notamment à propos de la règle d’abstinence.

Pulsions:

Freud publie « Eine Kindheitserinnerung des Leonardo da Vinci » en 1910, dans lequel apparaissent pour la première fois les concepts de « narcissisme » et de « sublimation ». Il y examine aussi les raisons psychiques de la créativité. La même année, la psychanalyse est la cible de nouvelles critiques émanant de certains milieux médicaux. Par ailleurs, les premiers schismes en son sein se font jour. L’opposition de Freud à la théorie de Jung, qui devient, en 1914, la « psychologie analytique », l’occupe en effet ces années-là. Toujours en 1910, Freud, dans un texte intitulé « Le trouble psychogène de la vision dans la conception psychanalytique », formule pour la première fois un dualisme pulsionnel : les « pulsions sexuelles » y sont opposées aux « pulsions d’autoconservation ». Ce dualisme préfigure, dans le contexte de tension que connaît l’Europe avant la première Guerre mondiale, la mise à jour des pulsions de vie et de mort (qui interviendra en 1920).

Civilisation:

Dans les dernières années de sa vie, Freud essaye d’extrapoler les concepts psychanalytiques à la compréhension de l’anthropologie et de la culture. Sa vision pessimiste de l’espèce humaine s’exacerbe, notamment après la dissolution du comité secret formé par Ernest Jones, à la suite de querelles d’héritage, des jalousies et des rivalités internes. Il rédige donc un certain nombre de textes dans ce sens, en particulier sur la religion comme illusion ou névrose. En 1927, il publie « Die Zukunft einer Illusion » (L’Avenir d’une illusion), qui porte sur la religion d’un point de vue psychanalytique et matérialiste. En 1930, il publie « Das Unbehagen in der Kultur » (Malaise dans la civilisation) dans lequel Freud décrit un processus de civilisation qui est une reproduction à plus large échelle du processus d’évolution psychique individuel.

Le pouvoir des mots

Parmi les nombreuses vertus de Freud, on trouve certainement son talent pour l’écriture. Le souci du détail, la clarté et l’élégance de son exposition sont les 3 points forts de ses œuvres. Ainsi, il n’a pas seulement utilisé le mot comme moyen d’expression de ses pensées, mais il en a fait un élément central de sa thérapie et de ses études.

Freud pensait que l’une des manifestations les plus évidentes de l’inconscient était les défaillances qui peuvent parfois arriver à n’importe quoi en parlant. Il a également parlé de la libre association comme d’un moyen d’accéder à l’information de l’inconscient sans la manipuler.

La libre association s’est imposée comme une méthode fondamentale de la technique psychanalytique, reléguant au second plan d’autres techniques développées précédemment (par exemple l’hypnose) et qui semblaient à première vue valables. Le grand avantage est que, si elle est pratiquée correctement, la libre association est libre de toute forme de suggestion et donc des restrictions imposées par la conscience.

Un regard sur le passé : l’enfance

La révolution freudienne concerne certainement le concept d’enfance, qu’il considère comme un moment d’importance fondamentale caractérisé par des événements qui conditionneront l’individu tout au long de sa vie. Cette influence s’exercera surtout par le biais de l’inconscient, en proposant des modèles que nous avons intériorisés, mais que nous n’avons pas encore élaborés.

Selon Freud, pendant l’enfance, la sexualité joue également un rôle très important. On peut le constater par les études détaillées qu’il a menées sur le complexe Oedipe et Electre. De plus, il considère la sexualité de l’enfant comme un fait naturel qui ne devrait pas soulever de débat moral.

Cette “orientation sexuelle des enfants” est très fréquente et peut avoir des conséquences. Dans le cas d’un jeune garçon, par exemple, le fait d’être en compétition avec son père pour l’amour de sa mère peut stimuler sa croissance, car il aura tendance à imiter son père pour essayer de prendre le dessus sur lui. D’autre part, si cette idéalisation enfantine n’est pas surmontée, elle peut avoir des répercussions sur l’inconscient et affecter le type de personne pour laquelle le garçon éprouvera de l’attirance une fois qu’il aura grandi.

Médecin viennois, Freud rencontre plusieurs personnalités importantes pour le développement de la psychanalyse, dont il est le principal théoricien. Son amitié avec Wilhelm Fliess, sa collaboration avec Josef Breuer, l’influence de Jean-Martin Charcot et des théories sur l’hypnose de l’École de la Salpêtrière vont le conduire à repenser les processus psychiques. Ses deux grandes découvertes sont la sexualité infantile et l’inconscient. Elles le conduiront à élaborer plusieurs théorisations des instances psychiques, en premier lieu par rapport au concept d’inconscient, en relation avec le rêve et la névrose, puis il proposera une technique de thérapie, la cure psychanalytique. À l’occasion de son voyage en Amérique en 1909, Freud exposera les bases de la technique psychanalytique . C’est dans le cadre de la cure, dès les Études sur l’hystérie, et particulièrement dans sa première analyse du « cas Dora », que Freud découvre peu à peu l’importance du transfert.

Se disant « incroyant », Freud est critique vis-à-vis de la religion. Athée convaincu, il estime que l’être humain y perd plus qu’il n’y gagne par la fuite qu’elle propose. Selon lui, l’humanité doit accepter que la religion n’est qu’une illusion pour quitter son état d’infantilisme, et il rapproche ce phénomène de l’enfant qui doit résoudre son complexe d’Œdipe : « ces idées [religieuses], qui professent d’être des dogmes, ne sont pas le résidu de l’expérience ou le résultat final de la réflexion : elles sont des illusions, la réalisation des désirs les plus anciens, les plus forts, les plus pressants de l’humanité ; le secret de leur force est la force de ces désirs. Nous le savons déjà : l’impression terrifiante de la détresse infantile avait éveillé le besoin d’être protégé

Conflits et névroses

La révolution freudienne se poursuit dans le domaine des névroses. Elle a affirmé que ce qui génère les nœuds qui, avec le temps, donnent naissance à la névrose, ce sont les conflits intérieurs entre ce que nous désirons (l’Ex ou inconscient) et ce que nous pouvons réellement avoir/faire (le Super-Ego, conditionné par les codes de comportement appris pendant l’enfance). En pratique, les troubles névrotiques se produiraient parce que le super-ego tente de prendre le dessus sur l’ex et l’ego.

L’œuvre freudienne est l’une des plus complètes, elle comprend donc beaucoup plus d’aspects que ceux mentionnés dans cet article. Cependant, les sujets abordés ici peuvent être considérés comme les plus importants pour comprendre comment le psychothérapeute a déclenché une véritable révolution. Si nous parlons de la révolution copernicienne, il est également juste de parler de la révolution freudienne et de son grand impact dans le monde de la psychologie.

Freud en tirait la conclusion suivante : « La société repose sur un crime commis en commun; la religion, sur le sentiment de culpabilité et le repentir; la morale, sur le besoin d’expiation engendré par le sentiment de culpabilité. » Mais ce sentiment, ainsi que celui de révolte du fils, ne disparaissent jamais complètement.