La psychopathie ou le trouble de la personnalité antisociale

Le psychopathe est inconscient et incapable de ressentir de l’empathie, de la culpabilité et de la loyauté, si ce n’est envers lui-même. Le psychopathe ne se soucie pas des sentiments et des normes sociales. Alors que d’autres luttent pour construire

Différences subtiles

La psychopathie également appelée sociopathie ou trouble de la personnalité antisociale est un diagnostic controversé. Il s’agit d’un trouble de la personnalité caractérisé par l’incapacité à ressentir de l’empathie, des remords et de la loyauté. Le terme sociopathie utilisé dans un contexte non psychiatrique, fait référence aux sujets criminels qui sont incapables de se conformer aux normes d’une culture particulière. La vaste catégorie des troubles de la personnalité antisociale comprend les deux conditions. Selon certains auteurs, le diagnostic vague et contradictoire de la psychopathie est utilisé par les psychiatres comme une sorte de récipient global dans lequel on place les sujets difficiles à placer.

Égocentrisme et mensonges

Cette condition influence tous les aspects de l’existence. Impulsif et irresponsable, le psychopathe n’a pas d’objectifs clairs dans la vie. Incapable de contrôler son comportement, il a souvent des problèmes avec la justice. Il ne ressent aucun sentiment de culpabilité et n’assume pas la responsabilité de ses actes. Décrit comme une personne vide et superficielle, le psychopathe n’est capable d’établir que des relations superficielles basées sur la déloyauté et le mensonge. Il n’a pas une perception claire de lui-même, ni un système de valeurs et d’objectifs à long terme. Une caractéristique très évidente est l’incapacité d’attendre son tour et de remettre à plus tard la satisfaction d’un besoin, le psychopathe veut tout et immédiatement. Pour échapper à la routine et à l’ennui, il s’adonne à des activités passionnantes et risquées. L’anxiété sociale ou le souci de sa propre sécurité sont des sentiments qu’il ne connaît pas. L’extrême impulsivité explique pourquoi les psychopathes ont souvent des démêlés avec la justice et ne tolèrent pas les figures autoritaires. Incapables de planifier, ils ne perdent pas de temps à s’inquiéter des conséquences de leurs actes ou du sort des victimes. Leurs crimes les plus fréquents sont le vol, la fraude, la contrefaçon et l’insolvabilité. Lorsqu’ils sont pris en flagrant délit, ils réagissent en fuyant, laissant leurs collègues, les membres de leur famille ou leurs débiteurs faire face aux conséquences de leurs crimes. La culpabilité ne les touche pas du tout. Une autre réaction typique est de mentir sans vergogne et de se parjurer avec une apparente candeur, même à l’égard de sa propre famille et de ses proches. Ils agissent comme si les lois et règlements sociaux ne s’appliquaient pas à eux, faisant preuve d’un manque total de respect pour l’autorité et les institutions, la famille et les traditions. À la merci de leurs pulsions, les psychopathes montrent une capacité de contrôle insuffisante contrairement aux névrosés, qui ont tendance à l’hypercontrôle. Leurs exigences constantes de satisfaction immédiate et totale prennent des caractéristiques typiquement enfantines. La recherche de sensations fortes et d’émotions fortes les pousse à consommer de l’alcool ou des drogues et à s’adonner à des activités telles que le jeu ou le sexe extrême.

Superficialité

Le psychopathe typique a un charme superficiel. Il est toujours en mouvement et se déplace dès que la nouvelle de ses méfaits se répand dans la communauté. Le nombre de transferts et l’instabilité professionnelle sont d’excellents indicateurs de cette psychopathologie, qui oblige le sujet à s’inventer des histoires sur son passé. Curieusement, lorsqu’on les interroge dans l’abstrait sur des questions telles que la justice et la moralité, les psychopathes ont tendance à fournir les bonnes réponses conventionnelles. Simplement, cette conscience du bien et du mal ne s’applique pas à soi-même, en particulier lorsque le jugement moral entre en conflit avec le besoin de gratification immédiate.

Le manque d’empathie

Les relations interpersonnelles des psychopathes sont inévitablement très compliquées. Les différents traits de caractère les rendent incapables d’établir et de maintenir des liens d’amour et d’amitié. En particulier, ils manifestent une absence presque totale d’empathie, de gratitude, d’altruisme et d’abnégation. Égoïstes et égocentriques, ils ne sont pas prêts à se sacrifier pour les autres. Une caractéristique encore plus évidente est la difficulté à comprendre les émotions des autres. Ils sont incapables de ressentir de la gratitude pour l’aide et l’affection qu’ils reçoivent et voient les autres simplement comme un outil pour obtenir ce qu’ils veulent. Les désirs des autres sont ignorés et la possibilité que leur comportement puisse causer un malaise et de la souffrance n’est même pas prise en compte. La vanité et le manque d’empathie empêchent le psychopathe de prédire le comportement des autres, ce qui rend difficile de déterminer lesquels de ses divers méfaits méritent une punition plus sévère. Fondamentalement amoraux, ces patients rejettent la responsabilité de leurs actes, de sorte qu’ils ne ressentent ni honte, ni culpabilité, ni remords. Portant un masque de compétence et de maturité, ils répètent leurs justifications banales. Parfois, ils parviennent à se rendre intéressants et à paraître fiables et scrupuleux le temps de trouver un emploi ou de se marier, mais ils parviennent à peine à maintenir cette façade dans le temps.

Psychopathe au travail

Le psychopathe est à son meilleur dans les situations de chaos et d’instabilité, il est donc particulièrement attiré par les entreprises nouvellement créées ou en cours de rénovation, dirigées par de nouveaux cadres. Dans l’environnement de travail, il peut paraître relativement normal et entreprenant, obtenant souvent un certain succès, grâce à sa capacité à nouer des relations avec des personnalités puissantes, influentes et utiles. Une des stratégies utilisées par le psychopathe pour faire carrière est d’identifier comment les différentes personnes peuvent le faciliter, en les utilisant aussi longtemps qu’il le faut, puis en les mettant de côté, en trahissant les promesses faites. Les psychopathes évitent les contextes de groupe et ne participent pas aux réunions, car ils changent d’attitude en fonction de l’interlocuteur et sont incapables de se présenter avec une façade unique et cohérente. Les assistants et collaborateurs sont exploités puis renvoyés avec nonchalance lorsqu’ils ne sont plus nécessaires. Le psychopathe alimente délibérément un climat de tension, fomentant des conflits entre collègues afin qu’ils n’échangent pas les informations dont ils disposent à son sujet. Les éventuels détracteurs sont neutralisés, non pas tant en recourant à la violence, mais plutôt en suscitant des doutes sur leur intégrité, leur loyauté et leur compétence. Il est donc clair que les psychopathes recherchent des organisations en transition ou qui ne disposent pas d’un système de contrôle rigide.

Critères de diagnostic

  • Tendent à ignorer et à violer les droits d’autrui. Les difficultés comportementales, qui sont susceptibles d’entraîner un comportement délinquant, sont souvent évidentes dès l’adolescence.
  • Incapacité à respecter les normes sociales en matière de comportement légal, révélée par la répétition de comportements susceptibles d’entraîner une arrestation, tels que le mensonge, le vol ou la tromperie.
  • Honnêteté, telle qu’indiquée par le mensonge, l’utilisation de faux noms, la tromperie d’autrui pour le profit ou le plaisir personnel. La ruse, combinée à l’agressivité, en fait de véritables maîtres dans l’art de la tromperie, souvent répertoriés dans les programmes de fraude et de prévention de la fraude.
  • Impulsivité et incapacité à planifier, qui déterminent une tendance à vivre intensément le moment présent.
  • Irritabilité et agressivité, comme l’indiquent les confrontations répétées ou les agressions physiques, qui révèlent une incapacité à se maîtriser.
  • Inquiétude irresponsable de sa propre sécurité
  • Incapacité habituelle d’être responsable, comme l’indique l’incapacité répétée de maintenir une activité professionnelle continue ou de faire face à des obligations financières.
  • Absence de remords, comme l’indique le fait d’être indifférent ou de rationaliser après avoir endommagé, abusé ou volé une autre personne. Incapacité à tirer les leçons des erreurs commises. Définir ces sujets simplement comme antisociaux signifie minimiser leurs symptômes et sous-estimer sérieusement leur dangerosité.

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